Juliette Reydellet

 

 

"L'acteur, comme l'orateur, cherche à convaincre" disait Stanislavski.

Cette citation me semble assez idéale pour décrire ce qui m'a toujours attiré dans le théâtre.

Depuis 25 ans, je trouve une liberté sans limite à m'adresser à un public.

Qui y-a-t-il de plus puissant que de transmettre des émotions folles?

Une scène n'est-elle pas le terrain idéal pour créer mais avant tout faire vibrer?

 

Mais petit à petit, cette notion presque arrogante est devenue totalement insuffisante.

Victor Hugo a dit: "Le théâtre est une tribune".

J'ai pensé que jouer ne voulait rien dire s'il n'y avait pas d'idées à défendre.

Il était temps de s'engager quitte à déranger...

 

Puis j'ai rencontré Bob Villette qui m'a fait découvrir "Chemins d'acteur".

Aujourd'hui, en gardant cette folle envie de jouer, de dire, et parfois de dénoncer, je souhaite aussi que le Théâtre devienne un lieu d'échange avec le public.

L'acteur n'est plus un orateur. Au contraire, il devient le porte parole de TOUS . Il n'y a plus UNE vérité. Tout est là pour être remis en question afin que tous les mots qui résonnent jusqu'au plafond deviennent source de discussions.

Le public retrouve donc sa liberté de penser et n'est plus obligé d'adhérer. Il va simplement se questionner.

Le propos devient donc le point central de la création...

 

 

 

"Nous menons une guerre de Troie contre la nature. Nous avons soumis la terre à notre bon vouloir. Nous l'avons plié à notre seul désir, nous avons trafiqué l'atome, la molécule, la cellule et le gène. Bientôt, nous augmenterons l'homme, prédisent les laborantins de la technoscience. Nous avons accompli notre expansion totale et sommes huit milliards à attendre de la terre qu'elle nous sustente. Nous avons éteint des espèces et cimenté des sols. Notre technique nous a permis de faire main basse sur les trésors souterrains, de libérer des hydrocarbures organiques pour les propulser dans l'atmosphère, de redessiner les territoires et, selon ce vers abject d'Emile Verhaeren, de "recréer des monts et des mers et les plaines d'après une autre volonté." A présent, nous louchons vers les satelites de la planète, La Lune, Mars. Qui se souvient de Laika? Le premier être vivant envoyé dans l'espace a flotté dans le vide sidéral. C'était une chienne soviétique dont les cosmonotes savaient qu'elles ne reviendrait pas. Voilà l'homme: Son premier salut est un chien crevé. Il ne faut pas être écologiste militant pour s'apercevoir que l'humanité est sortie de son axe. Que les forces se déchainent. Celles des hommes dressés les uns contre les autres.Celles des hommes tous unis pour partager leur biotope. Les hommes sont devenus Achille. Le scamandre a déjà débordé."

SYLVAIN TESSON

bande demo

Dimanche 16 Septembre 2018